abelle
01-05-2005, 05:16 AM
For those of you who can read French: in issue 2293 of Jeune Afrique l'intelligent (19-25 dec) there is an article on the DP in several (French-speaking) African countries. Reason is that Senegal dropped the DP last year.
http://www.lintelligent.com/gabarits/articleJAI_online.asp?art_cle=LIN19124lapeinoitse0
La peine de mort en question
AFRIQUE - 19 décembre 2004 - par FRANCIS KPATINDÉ
Sur les cinquante-trois États du continent, douze ont rayé de leur arsenal juridique un châtiment jugé inhumain, cruel et irréversible. D’autres demeurent persuadés de son effet dissuasif. D’autres encore l’ont maintenu, mais n’y ont plus recours depuis une dizaine d’années. État des lieux.
Enfin ! Le Parlement sénégalais a voté le 10 décembre une loi abolissant la peine de mort.
« La plus vieille démocratie du continent » devient ainsi le quatrième État membre de la
Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), après le Cap- Vert (1981), la Guinée-Bissau (1993) et la Côte d’Ivoire (2000), à rayer la peine capitale de son arsenal juridique. Avec le Sénégal, ce sont maintenant douze pays africains qui ont fait ce « choix de civilisation ».
Sous l’impulsion du chef de l’État sénégalais, le texte de loi avait été adopté en Conseil des ministres en juillet 2004. Pour alimenter sa réflexion, Abdoulaye Wade avait consulté plusieurs éminents juristes, parmi lesquels Me Robert Badinter, ancien président du Conseil constitutionnel et artisan de l’abolition de la peine de mort en France (intervenue le 9 octobre 1981). Depuis son indépendance, en 1960, le Sénégal a procédé à deux exécutions judiciaires : celle de Moustapha Lô, en 1965, pour avoir tenté de tuer le président Léopold Sédar Senghor, et, deux ans plus tard, celle d’Abdou Ndaffa Faye, assassin de Demba Diop, le maire de Mbour. Même si le président Abdoulaye Wade a toujours répété qu’il n’y aurait pas d’exécutions aussi longtemps qu’il serait à la tête de l’État parce que « seul Dieu a le droit d’enlever la vie à quelqu’un », les quatre derniers condamnés (entre 2001 et début 2004), qui attendaient jusque-là dans le couloir de la mort, ont donc définitivement sauvé leur tête.
D’ailleurs, pour l’ensemble du continent africain, on notera avec intérêt que la plupart des pays ayant aboli la peine de mort sont des États qui ont fait le choix du pluralisme politique et où la presse est libre et la société civile dynamique. On notera également que toutes les anciennes colonies portugaises du continent ont aboli la peine de mort, mais qu’aucun pays du Maghreb ne figure dans ce club restreint.
De fait, sur le sujet, les États africains se répartissent en trois catégories. Il y a ceux qui se sont débarrassés d’un châtiment considéré par les organisations de défense des droits de l’homme comme cruel, inhumain et, en cas d’erreur judiciaire, irréversible, et qu’il n’est pas fastidieux d’énumérer : l’Afrique du Sud, l’Angola, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, Djibouti, la Guinée-Bissau, Maurice, le Mozambique, la Namibie, São Tomé
e Príncipe, le Sénégal et les Seychelles.
Puis il y a ceux qui ont choisi de conserver la peine capitale, persuadés de son effet dissuasif. Et, entre les deux, il y a les abolitionnistes de facto qui ne l’ont plus
appliquée depuis au moins une décennie ou qui ont exprimé la volonté politique de ne plus y recourir, sans pour autant franchir le pas de sa suppression pure et simple. Profitant du vote « historique » des députés sénégalais, Amnesty International a, pour sa part, invité les autres États africains à suivre le « bon exemple » et à respecter « le droit fondamental à la vie ».
http://www.lintelligent.com/gabarits/articleJAI_online.asp?art_cle=LIN19124lapeinoitse0
La peine de mort en question
AFRIQUE - 19 décembre 2004 - par FRANCIS KPATINDÉ
Sur les cinquante-trois États du continent, douze ont rayé de leur arsenal juridique un châtiment jugé inhumain, cruel et irréversible. D’autres demeurent persuadés de son effet dissuasif. D’autres encore l’ont maintenu, mais n’y ont plus recours depuis une dizaine d’années. État des lieux.
Enfin ! Le Parlement sénégalais a voté le 10 décembre une loi abolissant la peine de mort.
« La plus vieille démocratie du continent » devient ainsi le quatrième État membre de la
Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), après le Cap- Vert (1981), la Guinée-Bissau (1993) et la Côte d’Ivoire (2000), à rayer la peine capitale de son arsenal juridique. Avec le Sénégal, ce sont maintenant douze pays africains qui ont fait ce « choix de civilisation ».
Sous l’impulsion du chef de l’État sénégalais, le texte de loi avait été adopté en Conseil des ministres en juillet 2004. Pour alimenter sa réflexion, Abdoulaye Wade avait consulté plusieurs éminents juristes, parmi lesquels Me Robert Badinter, ancien président du Conseil constitutionnel et artisan de l’abolition de la peine de mort en France (intervenue le 9 octobre 1981). Depuis son indépendance, en 1960, le Sénégal a procédé à deux exécutions judiciaires : celle de Moustapha Lô, en 1965, pour avoir tenté de tuer le président Léopold Sédar Senghor, et, deux ans plus tard, celle d’Abdou Ndaffa Faye, assassin de Demba Diop, le maire de Mbour. Même si le président Abdoulaye Wade a toujours répété qu’il n’y aurait pas d’exécutions aussi longtemps qu’il serait à la tête de l’État parce que « seul Dieu a le droit d’enlever la vie à quelqu’un », les quatre derniers condamnés (entre 2001 et début 2004), qui attendaient jusque-là dans le couloir de la mort, ont donc définitivement sauvé leur tête.
D’ailleurs, pour l’ensemble du continent africain, on notera avec intérêt que la plupart des pays ayant aboli la peine de mort sont des États qui ont fait le choix du pluralisme politique et où la presse est libre et la société civile dynamique. On notera également que toutes les anciennes colonies portugaises du continent ont aboli la peine de mort, mais qu’aucun pays du Maghreb ne figure dans ce club restreint.
De fait, sur le sujet, les États africains se répartissent en trois catégories. Il y a ceux qui se sont débarrassés d’un châtiment considéré par les organisations de défense des droits de l’homme comme cruel, inhumain et, en cas d’erreur judiciaire, irréversible, et qu’il n’est pas fastidieux d’énumérer : l’Afrique du Sud, l’Angola, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, Djibouti, la Guinée-Bissau, Maurice, le Mozambique, la Namibie, São Tomé
e Príncipe, le Sénégal et les Seychelles.
Puis il y a ceux qui ont choisi de conserver la peine capitale, persuadés de son effet dissuasif. Et, entre les deux, il y a les abolitionnistes de facto qui ne l’ont plus
appliquée depuis au moins une décennie ou qui ont exprimé la volonté politique de ne plus y recourir, sans pour autant franchir le pas de sa suppression pure et simple. Profitant du vote « historique » des députés sénégalais, Amnesty International a, pour sa part, invité les autres États africains à suivre le « bon exemple » et à respecter « le droit fondamental à la vie ».